Canot-camping

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La principale randonnée effectuée au cours de cette visite a consisté en quelques jours de canot-camping dans les Laurentides.

Pour ceux qui ne connaissent pas le principe, il s'agit de prendre un canoë, d'y charger le barda et les bras qui vont bien, puis de partir pagayer sur les très nombreux lacs du Québec. Beaucoup communiquent et forment de véritables réseaux sur lesquels il est possible de faire des itinéraires de plusieurs dizaines de kilomètres.

Pour plus d'information, voir le site de la Sépaq qui est l'organisme qui gère les parcs nationaux québécois.

Sinon, voilà un petit récit de la ballade qui a durée 4 jours, dans la réserve faunique de Papineau-Labelle.

Pendant que Vinz gagne sa croûte à la sueur de son front, je suis allé magasiner chez l'aventurier, sorte de vieux campeur local pour notamment acheter de l'anti-moustique que à côté celui pour Tahiti il fait rire... Genre celui là, il est conditionné en bombes aérosol énormes et il fait vachement peur tellement il y a des têtes de morts dessinées sur la bouteille. Et puis aussi des cartes pour pas se perdre que même que on s'est pas perdu malgré le sens de l'orientation légendaire de Vinz et aussi du mien

Carte au 1:50000 ème et vue de l'itinéraire

Bon, alors on a fait les sacs de manière extrêmement festive, anti-moustique, pastilles pour désinfecter l'eau du lac, 2.5 slips par personne, 1 T-shirt une casquette et des gants. Pour le manger, surtout du riz de la semoule et quand même une boite de cassoulet et une bouteille de pif parce que faut pas pousser mémé dans la neige. Alors j'allais oublier de le mentionner mais on avait aussi un gros belge blanc dans un sac étanche, les cartes pliées pile poil à la dimension d'un zip-loc après une intense réflexion parce que c'était pas facile... Une dose de PQ calculée au plus juste (2 rouleaux pour 2 pour 4 jours...) et aussi une trousse à pharmacie assortie d'herbes médicinales locales contre les renards.

Vinz devant son gros 4x4 pas beau !Bon, alors donc c'est le vendredi matin et on était parti et donc on partait. Le moyen de locomotion choisi étant le char de Vincent. C'est un gros 4x4 Suzuki pour rouler dans la boue. Alors bon, au début je me suis moqué un peu genre parce qu'il faut bien. Cela dit, au Québec l'hiver, c'est quand même utile, il ne vas pas détruire les chemins avec et s'en sert effectivement comme d'un 4x4, pas comme une majorité de ces crétins de propriétaires de 4x4 parisiens d'aujourd'hui. Sur les 20 derniers kilomètres avant l'arrivée au point d'entrée du parc, finalement c'était bien parce que la route elle était pas au meilleur de sa forme.

Bon, alors a l'arrivée, le type qui est à l'entrée de la réserve il a quand même un accent des bois de fou et j'ai failli mourir de rire quand il a appelé son pote au talkie-walkie genre "grizzli des bois pour caribou du lac à toi..."

Bon, enfin il nous briefe vite fait sur les itinéraires et finalement on décide de ne faire que 3 jours de ramage qui se rapporte à votre plumage mais plus avec des portage (je re-explique un peu plus loin si vous êtes sages). Du coup, hop, on prend l'itinéraire le plus long, 36 km avec des sections où tu es obligé de porter le canot hors de l'eau sur 1 km pour passer d'un lac à l'autre. Tant que c'est sur le papier c'est pas trop fatiguant notez bien... Du coup on a le droit à un canot plus léger "spécial portage". Je veux même pas savoir combien pesait l'autre modèle !

Bon, alors hop, on fourre les sacs dans le canot et nous voilà parti dans cette embarcation pas trop (genre pas trop) stable sur le lac des 7 frères.

Autoportrait dans le canoë... remarquez l'appareil dans les lunettes de barbot de VinzAlors Vinz il veut pas me croire mais moi je suis sûr que c'est là-bas qu'ils ont tourné Bouba le petit ourson parce que c'était tout pareil. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y avait personne d'autre que nous.... et les moustiques !

Bon, alors on rame, on s'extasie sur le paysage et puis comme il fait faim, on s'arrête sur un petit îlot pour manger entre 3/4 mues de serpent qui font devenir Vinz tout blême mais la loi de l'estomac l'emporte et hop, un sandwich au thon sauce bizarre avec des pointes d'asperge (avec le recul, je pense qu'on a inauguré un concept de canot-camping-gastronomie parce qu'en général, toutes les boites qu'on a mangées c'était quand même les meilleures du monde dans leur catégorie... Enfin on a trouvé !).

Là, l'obstacle est vraiment bas... il fallait se coucher dans le canot, sauf que des fois un sac s'accrochait dans les branches !Après, hop, on reprend le ramage jusqu'à une plage infestée de moustiques... je me demande si je vais pas dormir sur le canot vu qu'à chaque fois qu'on met le pied à terre c'est l'hallu ! J'aurais du me douter... à l'insectarium, ils expliquaient qu'un pauvre petit lac ridicule près de Montréal produit annuellement l'équivalent en larves de moustique de 3 éléphants Maryse, et ce pour la modique somme de zéro pièce.

Bon, du coup, on retourne sur un petit îlot duquel Vinz ne peux résister de se jeter dans le vide pour finir par un gros plouf. Après ça, on reprend le ramage jusqu'à notre premier portage et là genre "trop facile" on essaye de porter le canot avec tout dedans sur les 90 m qui nous séparent de l'autre lac... et comme ça pèse un caribou mort, on opte pour une autre stratégie : tout vider à terre, porter les sacs, revenir, porter le canot et repartir, ce qui fait qu'on multiplie les distances de portage par trois mais bon ça va.

Le soir au premier campement où j'avais super mal au crâne (ne pas se fier à l'air béat...)Après ça, on a navigué quelques petits lacs forts beaux et puis on a repéré un spot pour camper parce que tu as pas le droit partout. Bon, alors c'était un spot mythique, j'ai pu jouer avec des grenouilles, manger un cassoulet, me battre avec les mouches à chevreuil, boire une gorgée de vin et aller me coucher dans la mythique tente de Vinz après avoir entendu les loups et d'autres bêtes bizarres ! Surtout que je sais pas si c'était l'anti-moustique ou quoi mais j'avais une pagaie au travers du crâne le premier soir et même les recettes ancestrales des indiens n'y ont rien fait...

Vinz près à affronter la rigueur des nuits québécoises l'air bien halluciné !Le lendemain, même programme, on a vu un mythique serpent sur un caillou qui a fait encore plus stressé Vinz que les mues et il a même pas voulu que je joue avec et que je le prenne en photo juste sous prétexte qu'on savait pas ce que c'était comme serpent. Est-ce que je l'ai empêché de sauter de son caillou moi hein ? non mais sans blagues... Cela dit, il avait quand même des couleurs bien flashi qui inspiraient pas mille confiance (en fait c'était une bête couleuvre mais bon).

Un orang-outan qui mange une banane !Alors on a ramé, porté sur des portages de 800m forts sportifs ou tu passes sur un tronc d'arbre savonné (avec des algues mais ça compte) où tu ne peux mettre qu'un seul pied et où de chaque côté tu as un marécage immonde où vraiment tu veux pas tomber... Ca tombe bien, j'avais répété les cascades à midi sur un bête tronc avant de manger la meilleure salade de riz jambon sauce bizarre du monde. L'après midi, on a tenté une descente de rapides après avoir débarqué les sacs et on avait bien fait parce qu'on s'est retrouvé à la baille avec le canot plein d'eau en travers du torrent... Du coup on s'est consolé en faisant les plus mythiques ricochet du monde surtout que dans l'opération, j'ai perdu une chaussette (ce qui peut laisser faussement imaginer la violence du retournement alors que non, c'est juste qu'elle était à sécher mal attachée sur le canot...) Après, on a vu un mythique hydravion décoller juste devant nous.

 

Pagayes...... je te regarde !Le soir, on a dormis sur un spot complètement ultime du lac Montjoie et on a encore eu des concerts de bêtes féroces sauf que il n'y avait presque pas d'insectes et que j'avais plus ma pagaie au travers du crâne et que c'était du coup vraiment plus festif et tout !

La dernière journée a été plutôt humide puisqu'on a fait un hallage de 1600 m dans des petits rapides et que donc comme j'étais devant à tirer le canot dans l'eau, je me suis explosé les tibias 2 fois sur des grosses pierres qui steaks hachés à l'ail.

 

Félicitations mutuelles pour "arrivée en bonne santée' après ces quelques jours d'isolement et de méditation écologiqueAprès on est arrivés au char de Vincent après bien 35-40 km de pagayage et c'était bien de retrouver des fringues sèches et le paquet de sablés au beurre qui nous attendais là !

Enfin voilà, je veux féliciter publiquement Vincent pour cette idée terrible digne de ses séances de roulage dans la boue en VTT !

Attention, traversée de canot-campeurs débiles sur plusieurs kilomètres !