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Ammarnäs - Rävfallstugan

Nous nous réveillons vers 7h sous un grand soleil et une luminosité déjà importante. Sous ces latitudes, il fait déjà bien clair dès 5h à cette saison et la durée du jour augmente quotidiennement d'une dizaine de minutes. Le petit déjeuner est copieux et permet une première prise de contact avec la fameuse soupe lapone. Au choix parfum myrtilles ou cynorhodon (gratte-cul), le tout accompagné de muesli.

 Personnellement je trouve ça très bon, Philippe et François aussi, mais Michel et Sylvie ne sont pas de cet avis, ça changera un peu au fur et à mesure du voyage !
Ensuite, direction la cabane pour nourrir les chiens, se faire attribuer un traîneau, un attelage, se faire expliquer un peu le fonctionnement (mais tout le monde a déjà pratiqué), repérer le départ qui est évidemment un peu acrobatique. Pour continuer, nous sommes allé vider nos affaires du gîte et attendre la valise à la cabane en finissant de préparer nos paquetages.
Au menu du déjeuner : jambon d'Espagne et fromage apportés par François. Ce n’est, pas certain qu'au rythme où nous les avons attaqués, ils survivent très longtemps sur le trajet… ce qui est un signe sur leur intérêt gastronomique…
La cabane, les chiens à la stake-out et les traîneaux chargésLa valise arrive à l'heure prévue pendant que nous prenons le soleil et le café devant la cabane et alors tout s'accélère...
Nous chargeons les traîneaux en essayant de répartir un peu les masses. J'hérite de la caisse à outils, d'une grosse gamelle pour transporter l'eau, d'un bidon de 5 litres d'essence (pour le réchaud), des manteaux de mes chiens et de 2 sacs de 15 kilos de croquettes, plus évidemment mes affaires pour un total d'environ 15-16 kg je pense.
Les chiens impatients de partir !Nous bouclons, posons les ancres à neige, mettons les harnais et attelons, les chiens piaffent, jappent et hurlent, c'est le fameux "will to go" : l'envie d'y aller. Et là, ils ont vraiment envie (ou alors c'est très bien imité) !
François donne le départ, je suis second et relâche doucement le frein. Ça démarre plein pot en pleine descente avec un virage à l'équerre en bas mais tout se passe bien. Je suis suivi par Michel, Sylvie, et Philippe ferme la marche avec ses chiens qui sont plus lents que les nôtres (par constitution) et aussi moins entraînés. En effet, depuis le début de saison, les chiens de François ont déjà couru environ 1900 kilomètres, score difficile à battre pour des chiens « amateurs » !
Après quelques minutes, les chiens adoptent un petit trot tranquille dans les 12-13 km/h et nous nous engageons sur la rivière en direction du refuge de Rävfallstugan. Nous faisons régulièrement quelques arrêts pipi ou caca (pour les chiens surtout et pour nous parfois) pour les laisser souffler un peu, ou pour laisser passer de très rares motoneiges (pas plus de 2 ou 3 sur cette étape). Le temps est superbe et nous quittons rapidement la "civilisation" : plus de lignes électriques, plus de maisons, seulement la montagne qui nous entoure.
Nous apercevons déjà un aigle qui tourne au dessus d'un sommet et quelques lagopèdes (perdrix des neiges), dont le camouflage blanc est plutôt efficace si bien qu'ils ne sont visibles en général que tardivement et quand ils s'envolent.
Ma chienne de tête s'appelle Jenna et mène l'attelage sans faillir, plutôt bon train même, si bien que je suis obligé de pas mal jouer du frein pour garder la distance avec celui de François.
Quand les arrêts durent trop longtemps à son goût ou ne lui semblent pas justifiés, Jenna perd patience et à tendance à me faire des sacs de nœuds impressionnants dans la ligne de trait en tournant autour de ses compagnons ou en tentant de battre des record de saut en hauteur… A la fin du séjour, je serais presque aussi rapide à les défaire qu’elle a les faire (je vous donne le truc : il vaut mieux défaire les mousquetons que d’essayer de faire repasser tout le paquet chien compris en sens inverse, mais il faut enlever les moufles !)
Aux points stratégiques, nous attendons Philippe dont les 6 siberian huskies sont moins rapides que nos alaskan huskies mais n'en sont pas moins méritants !
Panneau indiquant l'entrée de la réserveNous rentrons bientôt dans la réserve et à partir de là, plus de motoneiges, ou alors seulement pour les gardes et quelques lapons auxquels ce territoire appartient.
Nous sommes arrivés vers 18h au refuge et avons commencé à apprendre les tâches qui vont devenir les nôtres tout au long des jours à venir.
La stake-out et les manteauxL'installation de la stake-out, c'est à dire du câble où sont attachés les chiens pour la nuit, le rangement des harnais, la mise des manteaux pour ceux qui ont des pelages moins épais. Ce n'est pas forcément l'étape la plus facile car ils n'apprécient pas tous vraiment la mode vestimentaire que nous leur imposons. En plus les chiens ne nous connaissent pas encore trop et je me souviens que Yéti, une petite chienne de mon attelage jouait au torero en esquivant à chaque fois que j'allais lui passer le manteau, au début tout du moins.
Les chiens de Philippe sur leur stake-out
Le refuge de RävfallstuganEnsuite, nous nous installons ; ce refuge est plutôt "luxueux" : un lit superposé, un bon poêle à bois Jötul, un évier, une table face à la montagne, et les chiottes rudimentaires dans le "jardin" à côté de l'abris à bois ! Il y a même un panneau solaire pour alimenter un plafonnier dans la pièce.
Commence alors le rituel de l'allumage du poêle, de la préparation d'eau chaude (en faisant fondre de la neige ce soir là) pour nourrir les chiens, et puis nous ensuite. Pendant ce temps, nous prenons un goûter bienvenu parce que d'être au grand air comme ça eh bien ça creuse. Surtout Philippe qui doit beaucoup plus aider ses chiens que nous. Il n'a pas pourtant pas fait spécialement froid, sans doute autour de -3 ou -4°C sans compter l'effet du vent.
Nous ressortons ensuite nourrir les chiens, une bonne dose de croquettes et de l'eau chaude pour tous, des cuisses de poulet pour ceux qui ont le plus besoin de prendre des forces, il faut les distribuer "en cachette" pour ne pas mettre la pagaille dans la meute. Un peu de smecta pour quelques-uns qui sont un peu dérangés (dont mon bon Star) mais ça ne durera pas longtemps.
Quelques coups de pelles pour enterrer les premières (et néanmoins nombreuses) crottes et nous rentrons au refuge pour préparer le repas et passer la nuit. Au menu, une bonne soupe chaude, des pâtes, du fromage et de la salade de fruit avant d'aller se mettre au lit. La température dans le refuge est plus qu'agréable (autour de 20°C) et je ne suis pas mécontent d'avoir emmené un tout petit duvet léger en plus du duvet grand froid ce qui va m'éviter de passer une nuit tropicale.
Jenna dort roulée en boulePepper, le chef de meute qui est un peu vieux et fatigué est autorisé à dormir dans le sas du refuge afin de préserver ses forces au mieux. Les autres dorment dehors roulés en boule afin de conserver au mieux leur chaleur.
La carte de l'étape
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