Bon, cette fois, nous sommes partis pour de bon. Nous sommes repassés par le camping pour acheter du gaz (cartouches Coleman à vis disponibles), par le supermarché de Balloch pour y faire quelques courses, et avons essayé en vain de faire regonfler nos pneus avec autre chose que notre petite pompe à main. Toute aussi vaine tentative pour trouver une chambre à air de secours pour Delphine. Nous avons finalement enquillé tardivement sur notre itinéraire, sans but précis pour le soir parce que ce n'est pas la peine de se mettre la pression pour rien.
C'est Delph qui a eu la responsabilité des cartes pendant tout le voyage. Moi j'avais "juste" préparé l'itinéraire avec les logiciels (Anquet Maps) qui regroupent les cartes à l'échelle 1:50000 d'Écosse (ou de tout le Royaume-Uni si ça vous chante de les acheter) et je suivais avec le GPS (Garmin Etrex Summit). Franchement, c'était nickel et la prochaine fois, je referai pareil. En tout, nous avions 35 feuilles A4 recto-verso ce qui évite de se faire chier avec des grandes cartes à plier et déplier sans arrêt. Nous suivons toujours la National Cycle Route 7 qui est bien balisée et bien paisible. Elle passe dans le parc d'un château où nous nous arrêtons pour prendre notre petit déjeuner avec une chouette vue sur le Loch Lomond. Après cette pause qui a permis de vérifier que le réchaud fonctionnait, nous sommes repartis. La route suis pas mal de voies non bitumées, l'avantage c'est qu'on a très très peu de voitures et que nous nous régalons de points de vue super chouettes sur les lacs. L'inconvénient c'est qu'on va moins vite que sur de la route et que c'est un peu plus fatiguant.
Nous avons fait quelques séances photos, notamment pour saluer les premières "Highlands" que nous avons croisées. Les Highlands, ce sont ces vaches avec des grandes cornes et des grands poils partout façon rasta. Elles ont l'air tellement paisibles que je pense bien que c'est en ça que le grand Bob s'est réincarné !
Comme vous pouvez le constater, il fait assez beau et assez chaud, le t-shirt et le cuissard passaient très bien ! Cela dit, en fin de journée, c'est devenu beaucoup plus menaçant, mais nous n'avons pas pris une goutte et la température était finalement idéale pour grimper les côtes !
Nous avons déjeuné assez tard pas très loin du Loch Venachar, au milieu de la forêt et c'était bien paisible. Nous ne nous somme pas trop fait attaquer par les midges, et les bûcherons qui étaient là ont un peu halluciné qu'on boive l'eau du ruisseau (préalablement filtrée avec le filtre à eau), et moi j'ai complètement halluciné sur leur accent légendaire !
Après, nous sommes passés à Callender où il y a un magasin de vélos juste à côté de l'office de tourisme. Nous en avons enfin profité pour regonfler les pneus correctement, mais toujours pas de chambre à air qui convienne pour Delph... misère !
Le soir, nous avons décidé de pousser jusqu'à un camping histoire de pouvoir nous doucher parce que si vous avez bien suivi, ça n'a pas été fait depuis Paris.
Nous avons donc roulé jusqu'à Kingshouse où on a trouvé un camping pas trop cher : 7.5 livres, mais il fallait une pièce de 20 pences en plus pour la douche. La douche est bien agréable, notre voisin de tente est un pur Écossais qui nous dit que nous avons de la chance parce qu'il y a du vent et que du coup il n'y a pas de midges... alors que la veille, ils ont été bien assaillis. Il faut dire que le camping jouxte un petit ruisseau, et que là où il y a de l'eau, il y a des midges. Autant dire qu'il y a des midges partout en Écosse !
Nous bénissons donc ce vent bienfaiteur qui nous permet de manger tranquillement, et puis au moment de se déguster une petite bière bien méritée, le vent tombe et nous comprenons notre douleur... Les midges d'hier soir sur les bords du Loch Lomond, c'étaient des midges d'opérette pour touristes ! Ceux là, c'étaient des vrais ! Du coup, nous avons sorti les grands moyens... dignes du maquis Corse... ce qui a bien fait rire nos voisins... Cela dit, ils étaient en fait très jaloux parce que nous, nous avons pu rester dehors pour picoler alors qu'ils ont dû attendre le retour du vent pour remettre le nez dehors ! En tout cas, félicitations à Delphine pour la mise en pratique de mon idée d'utiliser du voile de rideau pour se faire des moustiquaires portables ! Et un grand merci à sa maman d'avoir fourni le rideau !
Au final, cette première vraie journée de vélo aura été bien remplie, 75 km à la vitesse moyenne de 15,5 km/h